UriNoir II

Je m’occupe comme je peux.

Sans ma muse, j’essaie de m’amuser.

J’œuvre pour l’art, enfin, c’est ce que je raconte à ceux que j’écume dans les bars. Et ils sont nombreux. Les bars.

Je rempli mon vide en vidant des bouteilles. Pas très originale cette technique, aussi vieille que l’origine du monde… Je sais que je ne suis pas la seule à larmoyer pathétiquement  sur moi même. Et alors? Je m’assume pas, et je m’emmerde.

Donc, je reprends:

« J’écume
J’m’enrhume
Je n’ai qu’une idée
Éternuer
Le retourner le canoë
Être la dernière
A s’éterniser sur son corps alangui »

Je fredonne Bashung . ça me ramènent à lui. J suis foutue.

Au détour d’une ruelle, vers la rue de Charonne, quelqu’un m’a demandé d’être son témoin. Aucune idée de ce qu’il voulait . Pas grave, je n’en ai pas grand chose à foutre, de moi.

-tu veux?

-oui, je veux

-ne vas pas croire que.. enfin…

-non non, je ne crois en rien, viens, on y va.

Je l’ai suivi, ou c’est moi qui l’ai traîné… Je ne sais plus, et quelle importance de toute façon? Un resto africain. Des colombo de poulet, du rhum. C’est reparti mon kiki.

viens!

J’ai sorti mon appareil, j’ai visé, et j’ai appuyé sur la détente.

shot!

Je l’ai loupé, il ne l’a pas pris en pleine face. Y’a que les lâches pour tirer sur ceux qui ont le dos tourné. Je suis une trouillarde.

Shot shot shot.

Uriner à deux, c’est comme pleurer seule.

Enfin, c’est ce que je lui ai dis. Sur le moment. Parce que j’étais bourrée. Et ma logique d’alcoolique n’a aucune limite.

Je suis une visionnaire.

si, si je t’assure!

Il m’a aidé à vomir. Alors on est resté tous les deux dans ces toilettes confessionnal, on est resté et on a pleuré ensemble, moi des yeux et de l’estomac et lui de la vessie…

Cela m’a apaisée. J’ai recommencé. Bourrage de gueule dans mon crâne.

« Et ça recommence, encore et encore, c’est que le début, d’accord, d’accord »

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2 commentaires

  1. C’est l’histoire tout à fait banale,
    D’un confessional,
    Où , en guise de prière,
    Ne reste que la bouche amère.

    L’alcool te guette,
    Caché derrière l’étiquette,
    Procurant la joie d’un instant,
    Comme le corps de l’amant .

    Un instant réjoui,
    Le plaisir s’est évanoui,
    Ce sont des entailles, des brûlures,
    Des éclaboussures

    Tu as rempli ton verre
    Des larmes de la terre,
    Pour aussitôt, le siroter,
    Et encore, le vider .

    Les bouteilles de verre,
    Forment ce cimetière,
    Où tu t’es affalé
    Complètement saoûlé…

    C’est un cas clinique …
    « coma éthylique »
    et du réveil,
    se bousculent les soleils

    Dans ta tête
    Penchée au-dessus de la cuvette,
    Alors que dans le rance,
    Le sol tangue et danse.

    Mais imagine la chose à l’envers :
    ( Il est bien question de transfert ),
    – De verser quelque chose
    Qui n’a rien de l’eau de rose

    En fait quand le corps communique,
    Avec le liquide onirique
    Jusqu’à en oublier l’âme,
    Et que celui-ci s’enflamme …

    Tu cherchais peut-être l’oubli
    A travers la folie
    Un monde dont, comme les médailles, le revers,
    Convoque l’imaginaire

    Extrais donc de ton corps,
    Ce qui en fait la douleur,
    Et que tu presses,
    Jusqu’à complète ivresse,

    Alors tu pourras remplir
    De tous tes soupirs,
    De nouveau les verres,
    Et tu feras à son tour prisonnière

    La dose de poison
    Qui encombre la raison
    Pour remiser le désespoir,
    Dans des bouteilles noires .

    C’est donc comme le sablier,
    Qu’on pourra bientôt retourner,
    Un fois le temps écoulé,
    Ou, si l’on préfère : dessaoûlé

    Celui qui prit la fuite,
    Juste après la cuite,
    Le temps que l’on inverse,
    Les verres que l’on reverse

    Pour la bonne cause,
    A petites doses,
    Voila bien la technique
    A mettre en pratique …

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