art

Extimity

Extimité de TK KIM
« le plus intérieur est extérieur ». Jacques-Alain Miller

Concept

Dans cette exposition, je souhaitais parler du désir que nous avons tous de rendre visibles certains aspects de soi jusque-là considérés comme « intimes », de ce besoin de mettre en avant une partie de nos vies, autant physiques que psychiques afin de construire une estime de soi, image positivée par les « Autres« .

Je voulais parler de l’Extimité..

 « C’est l’ennui de sa propre existence – ou non existence – qui est à l’origine de cette extimité … » S. Tisseron

L’extimité est-elle une quête relationnelle et une ré-organisation des règles sociales, un néo-narcissisme  ou un simple moyen de protéger son intimité..? Peut-on montrer une image de soi pour mieux dissimuler son jardin secret..?

Qui sommes-nous devenus..?

 

Art

C’est donc à une réflexion sur ce concept d’extimité que je voulais vous convier. Il s’agit de mettre l’accent sur  différents modes artistiques valorisant « la démonstration de soi»,
Cette exposition est un moment propice à la réflexion sur l’impact de ces différentes expositions de soi sur les spectateurs. Que perçoivent-ils ? Qu’y cherchent-ils ? Que ressentent-ils ?

Artistes

-T.K.Kim: concept, mise en scène, videos, peinture
-Bea Nichele, Christel Bize, H. Suzuki: danse
-TK KIM aka Pop-3: music

Spectacle

désir exhibitioniste et recherche de la « starisation » reflétant un profond sentiment de solitude

Chronologie:

Avant le spectacle: « CASTING INTIME »: ( le public est  inspiration.)

Invitation à un « casting intime » : toute personne désirant participer activement à l’élaboration de ce laboratoire de l’intime peut envoyer des photos, vidéos, aveux, mensonges, voix, textes sur une adresse mail crée pour ce fait.
Ce matériel  sera utilisé, détourné, traduit dans des vidéos, dans des tableaux, musique, photos, illustration, graphiques, danse.

Les gens se retrouveraient pour la soirée « starifié ».

Programme:

« cabine de déshabillage »

le public arrive, et passe dans une « cabine de déshabillage » , sorte de sas dans lequel  le photographe Alex Urosevic va capturer un bout d’intime. Ces clichés sont des « instantanés » fixant un moment entre lui et eux, un moment unique, une déstabilisation, qui sera projetée sur les écrans.
C’est le début de l’extimité.

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salle des murmures.

La première salle est le résultat des aveux envoyés lors du casting intime. J’ai récolté beaucoup, beaucoup de matériel, de photos, de bouts de vidéos d’inconnus. Il m’a fallu trouver le lien, le chemin qui relie toutes ces intimités. Beaucoup de nudité, de sexualité, parfois de la tristesse. Pas facile de garder l’esprit clair… Et pourquoi le garder d’ailleurs…?

Dans la salle des murmures, complètement obscure, 12 écrans diffusant en loop les vidéos que j’ai faite. Des boucles infinies d’intime où toutes les histoires se mélangent: nous sommes tous similaires finalement…

Le son est à écouter au casques, seul face à l’intime des autres. Parfois, un écouteur se soulève et le spectateur est confronté à la réalité abrupte: quelqu’un vient de lui murmurer à l’oreille des aveux écrits, laissés par les inconnus (par mail ou dans la boite des murmures )

murmures

salle principale:
exposition tableaux TK KIM (huile sur toile, technique mixte, graffitis)

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21h30-22h30: danse/vidéo
L’extimité c’est la mise en scène sa propre vie, et le désir de projection, projection de ses propres phantasmes sur autrui. Ces désirs très personnels, très intimes sont projetés sur la danseuse contemporaine Bea Nichele qui représentent le « support » et evoluera à la verticale. Dans une contruction semi circulaire, elle dansera jusqu’à ce que les repères deviennent flous: où se trouve la limite entre le réel et le virtuel..?

23h00-24h00:
improvisation peinture:
10 toiles blanches sont devant moi, et moi, je suis à la disposition des confidences des gens.
Selon le principe du « confessional » un personne entre dans un endroit clos, et « confesse » qq chose. Chacun a environ 1 minute pour parler.
Je ne vois pas la personne, et eux, ne voient pas ce que je peins sur leur confidences. La personne suivante fait de même. Sur la toile, les différentes intimités s’ajoutent se mélangent, s’annulent, se complètent ou se détruise.
Le tout est filmé caméra au point et retransmis sur les écrans.

tkkimextim

24h00-01h00:
improvisation musicale.Une auteur compositeur improvise un musique: plus la musique est lente et plus les seq vidéos seront dévoilées. Ces séquences sont basées exclusivement sur des vidéos tournées avec les artistes participant à la soirée

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Lacrimosa


 

Je me souviens tout d’abord du vide de la pièce. Du silence. De l’incertitude.

Du premier instant…

Une gêne mêlée d’excitation, un premier rendez-vous, une première fois. Une première.

Ensemble.

Echanger peu de mots, juste les essentiels, ceux liés au projet, citer les noms, ici, c’est avec Lacrimosa, remettre dans le contexte, TK.Kim, oui, oui, c’est aussi du son, des collaborations, des vidéos, de l’électronica, sombre, avec des mots balancés comme des pierres, du n’importe quoi, pourvu que cela sorte de l’instant.  Des bouts de moi mélangés à des bouts d’autres.

Elle voit, elle sourit.

Remettre les pendules à l’heure aussi, avouer la faiblesse, les retards, les autres projets passés avant celui. La difficulté de finaliser l’album. La peur aussi. Les sentiments contradictoires.

Oui. Cet album est en préparation depuis 2 ans.

Tellement de temps.

c’est quoi le titre?

Intrication.

Ah oui, j’ai dejà posté ça, y’a déjà eu un avant-goût lors de la ART BASEL, une expo, un début…

Et puis.. Plus rien.

L’intrication.

Ce truc qui m’obsède depuis tant d’années, la certitude que nous sommes liés, vraiment liés, pas tous ensemble, mais certains,  d’une façon inexplicable et inexpliquée.

Il y a quelque part, en vous, mes parties manquantes, il y a quelque part en moi les vôtres.

Intrication.

Fusionnons.

Ces ondes, ces énergies, ces envies, ces sentiments si forts, si forts…

La vérité se trouve dans le mensonge de nos « Nous ».

Dans nos masques, dans ce que l’on donne ici, là, au travers de nos blogs, instagram, de nos mises en scène.

J’ai, depuis 2 ans, collaboré avec certains artistes, au hasard des rencontres, jamais provoquées, sans les connaître, sans chercher à savoir leur vraies vies, leurs réels, leur âge. L’essentiel étant la fusion, l’explosion, le truc qui se passe.

Qui se passe de mots.

 

La vidéo, la dernière, la collaboration, la dernière, la pièce manquante, la dernière, je viens juste de la mettre.

En la rencontrant. PAF. Au pif.

Cette danseuse, actrice, performeuse extraordinnaire qui allait incarner celle que je cherchais sans la chercher. A Berlin alors que rien n’était prévu, alors que je ne savais pas qu’elle avait prévu d’y aller, un message instagram, et 2h plus tard, nous y voilà. Elle était de passage pour une journée.

Notre journée.

Premier rendez vous, première fois, première collaboration.

Donc, oui, intrication.

Filmer et se faire filmer est un acte très intime.

Passer le cap, de la timidité, de la retenue. Avoir peur , se mettre la pression, prier que l’on sache… Suivre, diriger,  laisser aller, pour aller plus loin, et retenir, pour ne pas aller trop vite…

Et puis se laisser griser, se laisser surprendre, se laisser aller, la confiance, encore une fois, cette incroyables confiance.

Quelques photos lors du tournage, en attendant de vous montrer des bouts d’elle et de lui…

Voilà, je sais que je ne suis pas très présente ces derniers temps sur ce blog, j’avoue que instagram a facilité la fainéantise qui était tapie au fond de moi…

Pour ceux qui le souhaitent, venez vous déconnecter avec moi, de temps en temps

 

LOVE

 

 

 

viens on s’en fout, viens on y va…

viens on sen fout
Je me suis réveillée à cette heure où les premières franges sombres s’effritent de clair, où l’obscur devient pâle, frileux d’une sorte de nuage laiteux qui nous laisse à supposer que ça y’est, la nuit est en train de s’ébruiter  lentement.

Je me suis réveillée le cœur battant, avec cette langueur au bord des lèvres, cette langueur inexpliquée et inexplicable qui me chavire, parfois.
Je connais la connais bien,  cette attente, cette hors d’haleine, cet espoir fou- fou- fou, que quelque chose, que quelqu’un, que quoi que ce soit…

Ourler mes yeux encore clos. Frotter. Paupières vaseuses.
5h paris s’éveille..

Je n’ai pas essayé de prolonger. J’ai juste plongé. Ma main vers le sol, vers mon téléphone. Vieux réflexe ou manie de toquée. Qui sait. Peut être les deux.
C’est mal, je sais. Accroc. Dépendante. La glande argumentée par l’excuse de la pseudo recherche d’informations. De news.

5h du matin, l’éveil a bon dos.

Alors, en vrac, la tête encore entre les 2 mondes, je pas prête du tout, je sans armes ni artifices.

J’ouvre mes messages…

C’est là que tu as frappé, en plein dans le mille. La lame du sabre, de bas en haut, toi, technicien haute voltige, expert hara kiri, tu as tranché, pour que l’impact ne se referme pas, surtout pas, pour que mon sang s’écoule avec lenteur.

De bas en haut.
Du ventre vers le cœur .

L’âme.
Tout palpite.
Tout dégouline.

Je vaseuse, je les paupières salées et le coeur dans le talon d’achille, je l’artère battante, la chamade chamboulée, j’ai lu, d’un trait.
Cul sec.
Je suis la votre. J’ai bu vos vers comme les autres.
Cul sec.

Oui, dit comme ça ca peut prêter à confusion.

c’est moi la confuse, je ne relis pas. je referme.

Les yeux, le tel, internet et les volets de la maison bleue.

Et je me mets à vous écrire, à t’écrire, merde, “tu” ou “vous”? On se connait? Que vas tu penser de ces mots..? Surtout, ne pas aller trop loin, ne pas raconter n’importe quoi, merde, Kim, fais gaffe, cela prête à confusion. CUL SEC. T’es conne ou quoi?

Tu ou vous?
Je ne sais plus.

Je me mets donc à t’écrire, dans ma tête, ma pauvre caboche cabossé, pas réveillée ou si, peut être, bien trop réveillée, bien trop en ébullition, bien trop dans ma bulle…
Bref, je me mets à partir en vrille, je ne sais pas comment gérer, genre Epilepsie du verbe silencieux. Je tressaute dedans et plus je tressaute et plus j’écris, oubliant sur le champs les phrases nées du chaos.

Cette bataille est vaine, Pas une ligne restera. Mais la sensation, elle oui.
La sensation de chute.

Chut…

Des racines et des « Elle »…

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© photo & text  by TK.KIM

 

Rêver ma vie, surtout ne pas vivre mes rêves.
Je ne souhaite pas d’autre réconfort que celui de l’attente. Refuser tout assouvissement de l’élan.
Je veux courir, m’épuiser à essayer, essouffler tous les ressources.
Gratter ma peau contre les branches, écorcher la forêt de mes pertes d’orientation.
Garder le désir, la soif, intacts.
Au fond de moi, les armes. Les arbres, Le brouillard.
Sinon, rien.
Je fuis toute possibilité d’approche.
De mon vivant, aucun rêve ne se réalisera.

Comme une antidote à celle que que je pourrai devenir.
Comme une antidote à celle que je ne supporterai pas.

Aimer cette réalité qui reste, cette réalité crue, basique collée à mes basques, aimer la perte, l’ennui, la nostalgie.

Aimer l’espoir,

Aimer non pas follement, mais folle.

éloge du non-savoir

© photo & text TK.Kim

 

Tu me touches, toi, l’être qui n’existe pas,

troublante manifestation de mon imagination.

Remplis la béance de ma vie

Et rien des vils débris retirés de ma fange ne se perdra.

Tes mots rêvés feront d’eux des chrysalides et redonneront à la noirceur boueuse de mes pensées des ailes diaphanes

Babioles de fer , tu es ma matière première…

Isolation / Immolation

 

« Been a smokey, been on fire,

I’m on terms with immolation,

Don’t try to pull me from the pyre,

It’s too late for liberation… »

(Augie March)

le corps à lame

le corps à lame

 

blood1

 

blood2

 

blood3

 

 

d’abord le fracas
et le ciel en aplat,
puis le silence et la roue qui tourne sans bruit.

D’abord mes yeux qui cherchent les tiens
mais se heurtent à ton air de rien.

un refrain qui persiste pourtant, quelque part au loin… « restons désinvolte… »

tu souris, toi tout en  éclats
le coeur de ce rouge imbibé, et la toile qui s’empreigne,
Toi hors souffle, statue au  ventre troué,
Je te courbe le dos, caresse ton échine retroussée
et tes mains, tes mains, tes mains….

 

collaboration photo avec Bastien Balthazar Bux

https://www.instagram.com/bastien_balthazar_bux/?hl=de

 

going down for your love…

…Puisqu’il y a toutes ces questions d’existence, et d’existencialité..

Je plonge.

Avec toi.
Ce non-être, je le connais bien: j’y suis née…
TK.KIM n’existe pas si tu ne me suis pas…

Pour tout cela,

Pour bien plus

Pour pas encore

Mais pour ce presque là…

Je t’aime… ❤

juste une mise au point.

si vous lisez encore entre ces lignes, de l’auriculaire à l’index parcourez l’échine.

Attardez vous sur ma paume…

Entre vous et moi, de mon point G à votre point mort,

je cale.

 

 

 

B. mon amour

 

 

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à présent loin de toi

 

Biensûr, tu me manques.

Biensûr, je cache ce vide dans un vide plus vaste encore.

L’eau du lac en fond d’écran, et une total absence de turbulences. Je ne veux rien d’autre que toi dans moi.

Qu’est ce que tu crois…  A chaque seconde de chaque éternité…. Je suis un cliché parfait.

Tes pulsations, ton énergie, tes recoins secrets… Tous ces petits trucs qui ont fait qu’immédiatement, irrémédiablement, je sois tombée de toi.

à la renverse.

B, mon amour…

B.

 

MIME centrum

MIME ZENTRUM, B.erlin

La batisse était immense, majestueuse, elle se dressait dans la nuit  telle une promesse d’éternité, un murmure  » de sensation infinie… »

 

Le screening de TK.Kim? à 20.00, vous verrez Eidôlon et Chair de peau, bâtiment de gauche. C’est marqué…

 

Le public est venu, incroyablement.

La salle s’est remplie, quelques personnes se sont assises à même le sol car les places étaient toutes occupées… Mon coeur a palpité, un peu plus encore, et puis, le noir, le silence.

La projection a débuté…

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projection des vidéos Eidôlon et Chair de peau (Skin Quivers)

 

Voilà.

 

Le fruit d’heures de concept, tournage, montage, étalonnage, post production, voilà, il est là.

 

Devant nous. et moi qui tremble.

 

Cette nuit là, tu as été intense, plus intense encore.

B.

tu as brûlé mes artères, laissé ma langue se déployer, j’ai parlé, parlé comme jamais, moi d’habitude si réservée.

tu m’as ouverte.

Le public était curieux, ouvert, il a posé mille questions et nous, nous, nous étions juste comme des amis de toujours, à discuter de tout et de rien. Parler des absents, si présents dans les films, de l’écriture fulgurante d’Alan McKerl , de la fragilité boulversante de Flavia Ghisalberti…. Valentin Tszin, hypnotisant, et Philippe Alioth, plus touchant que jamais.

 

 

 

 

Merci à toi, B. erlin,

Mon Am our